Le syndrome de l’imposteur de Celine Bracq – Fanny Brian- Eric Giacometti
Editions Marabulles
Le syndrome de l’imposteur -que l’on devrait nommer le « phénomène de l’imposteur »- est connoté à tort « féminin ». Quand on parle de syndrome il y a quelque chose de l’ordre de la maladie, de la fragilité d’où cette idée féminine. Alors que si l’on parle de phénomène, on met en lumière des habitudes psychiques sociétales.
Avec ce syndrome on ne regardent pas le travail réalisé, les actions réussies, les victoires gagnées, mais on les minimise. C’est en faisant ce constat que les auteurs ont souhaité raconter ce syndrome sous forme de BD.
L’enquête pointue qu’ils ont fait pour décortiquer les rouages de cette dévalorisation intime, la lectrice que je suis a découvert combien nous étions nombreux-ses dans ce dispositif mental.
Avec cette analyse détaillée, j’ai mieux compris le regard que j’ai sur mes « réussites » et j’ai complètement adhéré au propos de cet ouvrage.
Ce roman rappelle que l’autosabotage n’est pas une solution, bien qu’elle soit fréquemment utilisée. Il décortique les mécanismes de nos éducations familiales et sociales.
Il est bon de rappeler que les discours que nous avons sur nos résultats positifs sont trop souvent faussés et que des personnalités -hommes comme femmes- ont vécu ce syndrome et l’ont apprivoisé.
Albin Michel Imaginaire – prix 21,90 € – Illustration Anouck Faure
Résumé éditeur :
Japon. Fin du XVIe siècle. Les troupes d’Oda Nobunaga donnent l’assaut sur le temple du Dieu-dragon, sur le mont Hiei. Pendant la bataille qui oppose les moniales aux troupes du seigneur de la guerre, une inestimable relique est brisée.
Quatre siècles plus tard, deux scientifiques spécialistes du temps sont convoqués par les autorités dans le cimetière de Mikageyama. Mariko Nakajima et Vedant Vinayakram découvrent là l’impensable : une tête tranchée a été trouvée dans une tombe, elle semble dater du Japon féodal. Et contre toute attente, elle donne toujours des signes de vie. Les relevés à proximité de la sépulture montrent que le temps s’y écoule très lentement.
Cette perturbation en annonce d’autres, bien plus dangereuses.
Mon avis :
Dans cette fresque historique qui se déroule sur 10 000 ans essentiellement dans l’archipel nippon, nous suivons une petit groupe de personnages. L’intrigue pourrait n’être qu’une enquête policière imprégnée de spiritualité proche du Bouddhisme et d’une approche scientifique.
Mais pas seulement.
Ici, Emilie Querbalec nous promène à différentes périodes dans des jardins où la circularité du temps est un outil plus ou moins chaotique pour traverser l’espace et les époques autrement.
Dès le début de cette histoire, on comprend que le Temps est le personnage principal protégé par des Gardiennes que nous retrouverons sous différentes apparences tout au long du roman.
Et c’est là le talent d’Emilie Querbalec qui en déroulant ce récit sur plusieurs époques, introduit des concepts qui auraient sûrement plu à Albert Einstein.
Alliant spiritualité, écologie et fantastique, l’autrice nous fait faire un pas de côté pour mieux comprendre combien nos actions ont un impact puissant sur notre planète.
Situant son roman au Japon, elle mêle des termes aux sens forts car multiples et son glossaire (que je vous invite à lire avant chaque chapitre) nous apporte un enrichissement imprévu et épanouissant.
Difficile de lâcher la lecture des Jardins du Temps. L’intrigue est découpée en Cercles, périodes indispensables à la compréhension de l’univers créé par Emilie Querbalec.
Et surtout, j’ai eu soif de connaître l’issue de la transformation de ces mondes ainsi que celle des personnages qui évoluent dans les jardins.
Je ne ressors pas indemne de cette lecture, j’en sors éblouie, joyeuse et reconnaissante à Emilie Querbalec d’avoir écrit cette histoire lumineuse et pleine d’espoir.
Depuis quelques semaines, des messages subliminaux de l’Univers envahissent ma vie ! Le plus insistant est « Parle des mots ! » Oui merci pour l’info l’Univers, juste je te rappelle que c’est un peu pour ça que ma petite association s’appelle Mots et Yoga, donc question mots, je ne l’oublie pas !! (parfois je vous jure, l’Univers enfonce un peu les portes ouvertes, m’enfin …)
Donc pour ne fâcher personne et faire la publicité que me demande « Univers », voici trois rencontres que je propose.
1 ) Vers l’écriture – récit de transmission de Jeanne Benameur.
Ce texte est en cours de lecture et je ne suis pas déçue de cette rencontre livresque car ce n’est pas ma première. Je pense m’adosser à ses mots pour me ateliers à venir…
Ma première rencontre avec cette autrice s’est fait au travers de son roman Les Demeurées. J’ai reçu une claque ! En voici le résumé :Les demeurées, ce sont une idiote du village et sa fille, fruit d’un contact éphémère avec un ivrogne de passage. Entre ces deux êtres d’infortune, nulle parole. Leur amour est silencieux, bâti sur leur seule présence l’une à l’autre. Leur vie recluse, solitaire, doit cependant prendre fin lorsque la petite Luce prend le chemin de l’école. Là, le monde l’attend et mademoiselle Solange, l’institutrice, est décidée à rompre l’ignorance, à faire jaillir les mots. La Varienne et sa fille vivent cette intrusion de l’extérieur comme une menace. Ensemble, elles renforceront ce lien primal, instinctif qui les unit: un amour quasi mystique, indéfectible, originel.
Mais qui est Jeanne Benameur ? Elle se distinguera sur la scène littéraire avec Les Demeurées qui recevra en 2001 le prix Unicef entre autres nombreux prix pour ses oeuvres.
Parallèlement à son travail d’écrivaine, elle anime régulièrement des ateliers d’écriture, notamment en milieu carceral et auprès des enfants pour qui elle a une grande passion (elle est membre de l’association Parrains par mille). Elle est également membre du jury du prix Fémina depuis 2023
Jeanne Benameur écrit pour des âges très variés. L’écriture luis permet notamment d’ouvrir de nouveaux horizons. Et il est dit que dans « ses romans, la relation à l’autre est au fondement même de la narration ».
Elle accorde une grande place à la psychanalyse. Dans une rencontre effectuée à l’académie de Créteil 2005[5], elle dit : « Mon pari est que si je suis transformée, mon texte transformera d’autres lecteurs puisqu’on est semblables. » La psychanalyse lui a permis de mettre en forme par la parole ses émotions et donc de les travailler dans l’écriture. Elle lui a permis encore de faire le lien avec le partageable. 1
2) Parmi mes lieux de perdition, il y a la médiathèque. J’y emprunte des livres, des romans graphiques et des DVD. (Oui mon temps est bien rempli…). « Univers » était tapi sur une étagère pour me faire rencontrer le magnifique et sensible roman graphique « Lointains mes mots » de Sandrine Revel et Anaële Hermans chez Dargaud.
On y rencontre Claire qui vit en Galice près de la mer, nettoie des plages envahies par le pétrole d’un cargo « fantôme ». Elle s’est retrouvé à cet endroit pour respirer un peu loin de la grande ville, mais aussi pour se retrouver. En effet, on apprend très vite qu’elle a eu un AVC et qu’elle est atteinte d’une aphasie profonde. Elle, la professeure, la traductrice amoureuse des mots, les a perdus et en souffre terriblement. Alors, dans ce coin de la Galice où elle rencontre Beatriz, elle découvre la mer immense, profonde et silencieuse, en apparence.
Ce texte et ces images m’ont profondément émus car quand on aime les mots, les échanges, les partages, les livres, perdre cette relation doit être une véritable torture. Ce sujet, l’avc et ses implications au quotidien, je le connaissais un peu mais je sais que dorénavant, j’en parlerai beaucoup plus autour de moi pour sensibiliser les personnes qui aiment les mots.
3) Troisième message d’« Univers » s’est fait par le biais de l’image, en me suggerant fortement d’aller voir le film « The Chronology of water »Réalisation : Kristen Stewart avec dans les roles principaux : Imogen Poots : Lidia Yuknavitch, Thora Birch : Claudia, James Belushi : Ken Kesey, Tom Sturridge : Devin .
Le synopsis est le suivant : Lidia Yuknavitch est une jeune femme marquée par des maltraitances — y compris sexuelles — au sein de sa famille puis par des abus, des excès et des addictions (drogues et alcools notamment). Elle va peu à peu trouver un mode d’expression à travers l’écriture et sa voie en tant que sportive, avec la natation. Elle devient finalement une enseignante, une mère et une écrivaine moderne et singulière.
Inspiré (librement) des mémoires de Lidia Yuknavitch publiée en 2011 sous le même titre (La Mécanique des Fluides), ce film n’est pas un récit traditionnel avec une succession de scènes, mais une succession de fragments d’images, de phrases, de souvenirs et de sensations, traduisant une difficulté d’être.
A ce jour, je n’ai aucune idée la façon dont ce film va me parler, mais j’ai envie de le partager. Donc, je le propose aux membres de l’association pour une rencontre exceptionnelle en novembre 2025.
Voilà je ne sais pas ce que l’Univers va encore m’envoyer comme message autour des mots et de l’écriture, mais je trouve ses suggestions pertinentes pour le moment. Alors, je l’écoute…
Atelier Nocturne : le vendredi 14 novembre de 19h00 à 20h30
Atelier d’écriture long : le samedi 29 novembre de 14h00 à 17h00
Surtout n’oubliez pas de réserver votre place pour l’atelier de façon à ce que je vous reçoive dans le plus grand confort d’écriture.
Les ateliers sont validés à partir de 2 personnes qui ont confirmé avec un maximum 8 personnes.
Pour les personnes qui s’inscriraient à l’atelier du 29 novembre, je vous invite fortement à lire Le Réseau Corneille de Ken Follett. Il me reste encore un exemplaire papier pour cell.eux qui le souhaiteraient.
Car c’est autour de ce roman que je clorais le cycle des ateliers d’écritures sur l’espionnage. « Ce roman d’espionnage se déroule dans la France de 1944, à quelques jours du Débarquement de Normandie. Il décrit les difficultés rencontrées par Betty, officier de l’armée britannique experte en sabotage, pour réunir une équipe exclusivement féminine qui aura pour but de déstabiliser le réseau de communications allemand en France. »
Quelle belle introduction pour cette autre information.
Un atelier d’écriture gratuit de 2 heures et sur inscription (8 personnes maximum) se tiendra le 22 novembre à 10h00 à la maison des femmes Dulcie September de Mitry-Mory (tout près de la gare de Villeparisis – Mitry-le-neuf).
Le thème est en lien avec la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Encore un sujet vibrant et inspirant sur le « NON »
N’hésitez pas à vous inscrire et à en parler autour de vous.
Quand au planning des ateliers 2026, je peux vous dire que d’ores et déjà, un grand nombre d’ateliers auront lieu au premier semestre et que je vous réserve une surprise « surprenante » !!
Pour rappel et toujours en lien avec l’écriture, je propose des retrouvailles au Théatre Louis Aragon de Tremblay en France autour de 2 spectacles :