Un roman graphique qui nous concerne

Le syndrome de l’imposteur de Celine Bracq – Fanny Brian- Eric Giacometti

Editions Marabulles

Le syndrome de l’imposteur -que l’on devrait nommer le « phénomène de l’imposteur »- est connoté à tort « féminin ». Quand on parle de syndrome il y a quelque chose de l’ordre de la maladie, de la fragilité d’où cette idée féminine. Alors que si l’on parle de phénomène, on met en lumière des habitudes psychiques sociétales.

Avec ce syndrome on ne regardent pas le travail réalisé, les actions réussies, les victoires gagnées, mais on les minimise. C’est en faisant ce constat que les auteurs ont souhaité raconter ce syndrome sous forme de BD.

L’enquête pointue qu’ils ont fait pour décortiquer les rouages de cette dévalorisation intime, la lectrice que je suis a découvert combien nous étions nombreux-ses dans ce dispositif mental.

Avec cette analyse détaillée, j’ai mieux compris le regard que j’ai sur mes « réussites » et j’ai complètement adhéré au propos de cet ouvrage.

Ce roman rappelle que l’autosabotage n’est pas une solution, bien qu’elle soit fréquemment utilisée. Il décortique les mécanismes de nos éducations familiales et sociales.

Il est bon de rappeler que les discours que nous avons sur nos résultats positifs sont trop souvent faussés et que des personnalités -hommes comme femmes- ont vécu ce syndrome et l’ont apprivoisé.

Merci beaucoup à Babelio (https://www.babelio.com/livres/Giacometti-Le-Syndrome-de-limposteure/1960459) et aux éditions Marabulles (https://www.marabout.com/marabulles/) pour cette lecture précieuse.

Je vais la proposer évidemment à ma médiathèque et surtout l’offrir à quelques femmes et hommes qui en ont bien besoin.

Ps : Ce n’est pas pour rien que j’en parle dans mots et yoga, mais c’est bien parce que le yoga est aussi un élément de maitrise de ce syndrome.

Quelques idées lectures – février 2026

Blaise Cendrars

Le démon du voyage

Benoît Heimermann – 16/10/2025 – Editions Paulsen

Une biographie illustrée de Blaise Cendrars, chantre de la modernité.

Il a révolutionné la poésie à bord du Transsibérien, au plus loin des conformismes et au plus près des émotions. Perdu un bras armé à la guerre et gagné une liberté immodérée en échange. Déménagé vingt fois. Souvent mangé des pierres et toujours manqué de reconnaissance. Admiré l’impériale Saint-Pétersbourg et désespéré la populeuse New York. Rêvé d’expéditions en Russie et imaginé des Eldorados au Brésil. Bourlingué et voyagé plus souvent qu’à son tour. Accompagné les Delaunay et Chagall, influencé Léger et Modigliani, inspiré Miller et Dos Passos. Il a apprécié la compagnie des femmes. Celle, éphémère, de Tarsila do Amaral, la peintre, et celle, définitive, de Raymone Duchâteau, l’actrice. Il découvre le cinéma grâce à Abel Gance et l’architecture en compagnie du Corbusier. Il a fréquenté les paquebots et fantasmé les avions. Accompagné un tueur en série autour du monde et embarqué avec un milliardaire illuminé jusqu’aux confins polaires. Son œuvre littéraire n’est pas seulement foisonnante, elle est innovante. Du roman d’aventure aux confessions intimes, il a tout osé, tout essayé.

Blaise Cendrars tenait la remise en cause des acquis pour une nécessité, la curiosité pour une vertu cardinale et la joie de créer pour une raison d’exister.

Mon avis :

Reçu par le biais de Masse Critique (https://www.babelio.com/livres/Heimermann-Blaise-Cendrars) (et encore mille mercis) ce magnifique « beau livre » des éditions Paulsen et écrit par Benoit Heimermann est une oeuvre tout à fait accessible à tous sur l’étonnant Blaise Cendrars.

Dès l’introduction, sous forme d’épitaphe, le ton est donné sur ce personnage atypique :

« Au soir de sa vie, le temps s’accélérant, les commis en écriture, à leur tour, se bousculèrent à son domicile, pressés de recueillir in extremis les confidences de la pythie des espaces infinis. »

Ainsi est vu Blaise Cendrars -nom inventé par lui même- personnage qualifié de « fontaine de vies, un écrivain de légendes », tout cela au pluriel de ses expériences et des écrits.

Voyageant toute sa vie de l’est (la russie quand elle n’es pas encore l’URSS) à l’ouest (New York notamment qui lui inspirera un de ses plus beau texte) il affinera sa prose, et après la guerre qui lui ôtera un bras, sa personnalité.

De rupture familiale en rupture sociale (et aussi amicales) il se construira dans une époque incroyable de modernité en marche (notamment l’exposition universelle à Paris).

Vous citer toutes ses expériences serait bien trop long, et inutiles.

Car cet ouvrage raconte, avec force de sources illustrées ou écrites, l’évolution d’un immense poète moderne et loin des conformismes du début du XXème siècle. Proche d’artistes peintres, aimé des femmes, rencontrant des personnalités parfois troublantes, toujours étonnantes, ce voyageur infatigable s’est nourri de mille vies et ses créations en sont le reflet.

Bref, en lisant cet ouvrage intense vous serez immergé dans un voyage immobile étonnant. En tout cas c’est ce qui m’est arrivé. Bonne lecture

Nouvelles automnales 2025

Les prochains ateliers d’écritures se tiendront :

Atelier Nocturne : le vendredi 14 novembre de 19h00 à 20h30

Atelier d’écriture long : le samedi 29 novembre de 14h00 à 17h00 

Surtout n’oubliez pas de réserver votre place pour l’atelier de façon à ce que je vous reçoive dans le plus grand confort d’écriture.

Les ateliers sont validés à partir de 2 personnes qui ont confirmé avec un maximum 8 personnes.

Pour les personnes qui s’inscriraient à l’atelier du 29 novembre, je vous invite fortement à lire Le Réseau Corneille de Ken Follett. Il me reste encore un exemplaire papier pour cell.eux qui le souhaiteraient.

Car c’est autour de ce roman que je clorais le cycle des ateliers d’écritures sur l’espionnage. « Ce roman d’espionnage se déroule dans la France de 1944, à quelques jours du Débarquement de Normandie. Il décrit les difficultés rencontrées par Betty, officier de l’armée britannique experte en sabotage, pour réunir une équipe exclusivement féminine qui aura pour but de déstabiliser le réseau de communications allemand en France. » 

Quelle belle introduction pour cette autre information.

Un atelier d’écriture gratuit de 2 heures et sur inscription (8 personnes maximum) se tiendra le 22 novembre à 10h00 à la maison des femmes Dulcie September de Mitry-Mory (tout près de la gare de Villeparisis – Mitry-le-neuf).

Le thème est en lien avec la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Encore un sujet vibrant et inspirant sur le « NON »

N’hésitez pas à vous inscrire et à en parler autour de vous.

Quand au planning des ateliers 2026, je peux vous dire que d’ores et déjà, un grand nombre d’ateliers auront lieu au premier semestre et que je vous réserve une surprise « surprenante » !!

Pour rappel et toujours en lien avec l’écriture, je propose des retrouvailles au Théatre Louis Aragon de Tremblay en France autour de 2  spectacles :

– Martin Eden – d’après Jack London, mise en scène par Mélodie-Amy Wallet – le samedi 31 janvier 2026 19:00 https://www.theatrelouisaragon.fr/805-1584/la-programmation/saison-2025-2026-les-spectacles/fiche/martin-eden-d-apres-jack-london-mise-en-scene-par-melodie-amy-wallet.htm

– Pistes… – Penda Diouf – Le vendredi 6 février 2026 20:30

https://www.theatrelouisaragon.fr/805-1585/la-programmation/saison-2025-2026-les-spectacles/fiche/pistes-penda-diouf.htm

Merci de m’indiquer si d’ores et déjà vous seriez intéressés par ces spectacles pour que l’association Mots et Yoga puisse réserver des places.

Scripturalement vôtre et à bientôt

Drôle de Singes – Jean-François Guggenheim

Editions Marie Romaine – 19,90€

https://www.editionsmarieromaine.fr/product-page/drôles-des-singes-jean-françois-guggenheim

DRÔLES DES SINGES de Jean-François Guggenheim

Résumé

A-t-on jamais vu un espion aussi maladroit ? Jean, un ancien de la Légion, reconverti dans les services spéciaux, est chargé d’enquêter sur son ami d’enfance, du côté de Fontainebleau. Mais rapidement la simple mission dégénère en une épopée déjantée autour du monde. Son camarade se fait descendre, son amoureuse est kidnappée et de Téhéran à San Diego, du Kerala à Budapest, de Cuba au Mexique, défile une galerie de portraits hauts en couleurs. Poutine et Grace Jones, Dany DeVito, Benicio del Toro et l’ombre de Castro, Donald Trump, Kim Kardashian et Marine Le Pen… allez savoir… Un polar loufoque sur fond de géopolitique qui rebondit à chaque page.

Mon avis

Quand j’ai ouvert ce roman, je m’attendais à une histoire d’espionnage humoristique et aventureuse. Mais pas vraiment.

De fait, Jean espionne Paul et tombe amoureux de Marie… avec une réalité plus complexe.

C’est l’histoire de 3 gamins devenus adultes et qui retrouvent leur amitié d’antan. Pour rendre crédible ce retour dans l’environnement de leur jeunesse, Jean explique qu’il fait une enquête sur une jeune prostituée assassinée dans le bois près de chez eux. Sa couverture de journaliste est réelle et cette explication sera lourde de conséquences tout au long de ce roman trépidant.

Pourtant, Jean, ancien légionnaire, espionne pour le compte de « Monsieur », un personnage occulte de la République Française qui a Paul dans son viseur. Jean va donc jouer double jeu. Il revient habiter dans la maison de sa grand-mère et se remémore son enfance en compagnie de Paul et Marie.

Ce roman est écrit comme un scénario de film de James Bond, le charisme du héros moins flamboyant (il tombe beaucoup), mais à l’action explosive au moment ou on ne s’y attend pas.

J’ai beaucoup apprécié le rythme de l’intrigue, les personnages, parfois énigmatiques parfois un peu « cliché », mais surtout des tournures de phrases qui m’ont rappelé le style « Audiard » par sa gouaille.

L’auteur situe l’action de son roman dans l’époque actuelle, tout le monde « en prend plein son grade » et ça fonctionne.

L’histoire devient si crédible que je me suis demandée si tout cela n’aurait pas un parfum de vérité… Mais non !!

Vous l’aurez compris c’est un moment de lecture très agréable que je recommande vivement. Merci à Babelio (http://(https://www.babelio.com) et sa Masse Critique Mauvais genre pour cette sympathique découverte.

Une nouvelle rubrique : chronique de livres

Aujourd’hui, je voudrai vous présenter un roman « jeune adulte » reçu récemment grâce à Babelio qui me permet en plus de rencontrer l’autrice Marie Pavlenko (le 5 septembre 2023).

Babelio est à la fois un site web et une application mobile consacrés à la littérature et un réseau social destiné à enregistrer des bibliothèques personnelles. J’ai pu grâce à cette communauté rencontrer des auteurs et je souhaite dorénavant vous partager ces rencontres littéraires.

Mais qui est cette autrice ?

Marie Pavlenko obtient un master de lettres modernes à l’Université Sorbonne-Nouvelle. Elle poursuit ses études à l’école supérieure de journalisme de Lille. Elle s’installe à Paris après avoir vécu un an en Jordanie. Elle exerce le métier de journaliste pendant 15 ans.

En 2009, elle se met à écrire des ouvrages de fantasy, genre littéraire qu’elle affectionne depuis l’âge de dix ans. En 2011, elle publie le Livre de Saskia, une trilogie à destination des adolescents.

Le roman La Fille-sortilège sort en 2013.

En 2019, elle publie Un si petit oiseau, l’histoire d’Abigail, future vétérinaire qui à la suite d’un accident se retrouve amputée d’un bras et doit recomposer sa vie. La même année, elle reçoit le prix Babelio Jeune adulte et le prix 15/17 à la Foire du livre de Brive.

Avec le roman Et le désert disparaîtra (2020), et sa nouvelle parue dans le recueil collectif Elle est le vent furieux (2021), Marie Pavlenko s’engage sur le thème de l’écologie.

Source : Wikipedia

Vous l’aurez compris Marie Pavlenko, écrit sur tous les sujets : ceux dont on parle peu, ceux dont on parle beaucoup, et ceux qu’on voudrait n’avoir jamais entendu parlé. Avec Rita, Marie Pavlenko raconte la précarité, l’amour, le sexe vus par des lycéen-es, mais surtout, des histoires d’amitiés sans jugement et ça c’est toujours beau à lire

Mon avis sur ce roman : Dans ce roman choral, Rita est celle dont tout le monde parle. Chacun est d’accord pour dire qu’elle est magnétique, intelligente, douce et ferme. Ecrit comme une interview, tous ses amis se racontent, racontent leur rencontre avec Rita, et racontent leur incompréhension de n’avoir pas vu venir l’évènement dramatique. Au fil des récits, on entrevoit, imagine, ce qui va arriver, mais la fin choque quand même.
Ce roman Young-Adult aborde les difficultés des lycéens pris au pièges nombreux de la société actuelle. Les jugements des réseaux sociaux ici ne seront pas primordiaux, mais plutôt une réalité sociale et économique peu abordée qui mène les jeunes adultes à vivre des situations parfois dangereuses.

C’est une histoire bouleversante, racontée avec brio que l’auteur aura décrite avec pudeur et honnêteté.

Qui est Rita ?
Que lui est-il arrivé ?
Tour à tour, élèves et professeur racontent leur année de terminale, celle qu’ils ont vécue.
Viggo qui aime Rita comme un fou, Romane, l’amie attentionnée, Timour, le copain décalé, tous brossent un portrait de Rita, une ébauche tendre, mais dramatiquement incomplète.
Leurs histoires disent l’amour, le désir, la rencontre sublime, le partage, mais chacun avoue aussi être passé à côté du drame.
Personne n’a rien vu venir.

https://www.babelio.com/livres/Pavlenko-Rita/1528086