Les lectures d’été – Semaine 1 – juillet 2026

Parmi la vingtaine de livres emportés pour passer les deux mois d’été en Mayenne, il y a un certain nombre de pépites.

Pour commencer, il y dans la série Poulet Grillés de Sophie Hénaff, son dernier opus « Drame de Pique« , parfait pour commencer l’été. On retrouve la fine équipe après la crise du Covid 19. En voici le résumé :

Juin 2022.
Le phénomène dit des « piqûres en soirée » prend de l’ampleur sur le territoire. Alors que l’ensemble des polices s’active sur l’affaire, l’hétéroclite brigade des « Poulets grillés » poursuit ses parties de cartes dans son appartement-commissariat des Halles. Jusqu’à ce que deux femmes meurent soudainement près de l’Opéra. La brigade criminelle lie immédiatement les homicides à la piste des piqûres, mais les Poulets, eux, pensent qu’un ancien serial killer, nommé La Main de Dieu, utilise la psychose à ses fins. Il vient justement de sortir de prison…
La commissaire Anne Capestan et ses poulets sont mis au premier plan de l’affaire, mais s’ils parviennent à la résoudre ils devront quitter leur cocon des Halles et intégrer le Bastion, le nouveau siège de la PJ, dans le quartier des Batignolles. Ce qui leur pose un grand dilemme : arrêter un meurtrier ou poursuivre leur paisible retraite…?

Encore une fois, Sophie Henaff, nous régale de l’inventivité naive et efficace de ces « poulets » hors normes. Si vous n’avez jamais lu la série des « poulets grillés », n’hésitez pas. Un coup de blues, une période difficile et en les lisant, vous vous rendrez compte que 1) ils sont marrants, 2) il y a des situations toujours pires que la notre.

Parmi mes « pépites », il y a eu ce cadeau litteraire.

Colette – Le seconde métier de l’écrivain – Editions l’Herne

Avec ce recueil de réclames écrites par Madame Colette, les éditions l’Herne nous proposent une facette moins connue de l’écrivaine. Sollicitée par des grandes maisons de couture, parfum, des grands crus de vins ou plus prosaïquement de cigarettes, Colette a prêtée sa plume et son talent à de nombreux catalogues en compagnie de noms célèbres.
Avec sa plume songeuse, riche de souvenirs ou acérée, Colette sait vanter l’art de vivre à la française. Ce livre est une pépite rare de textes oubliés que l’on aurait pu trouver à la librairie Clavreuil à Paris. Dommage cette dernière a fermé en 2014 nous dit-on…
Alors un grand merci Babelio et l’opération Masse critique qui m’a permis de découvrir cet ouvrage.

J’ai la grande chance de pouvoir lire en voiture.

Et pour les grands trajets j’ai pu commencer la Saga des Cazalet de Elizabeth Jane Howard par le Tome 1 – Etés anglais.

Les tribulations de cette famille sont particulièrement addictives et me plongent avec délice dans la période d’entre deux guerre quand tout le monde pensait qu’il n’y aurait plus jamais de drames et que seuls troubleraient des contrariétés somme toute acceptable (ou pas).

A travers plusieurs personnages, nous pénétrons les pensées de ces 3 générations ou sous des dehors légers et bucoliques, voire lascifs, l’on voit apparaître des thèmes qui agiteront les jours à venir comme la condition précaire féminine, l’angoisse de la guerre, les secrets familiaux…

On a dans ce roman une belle atmosphère « so British » écrite avec force de description par Elisabeth Jane Howard. Ici on partage la vie d’une famille aisée et de ses domestiques. Oui, il y a bien un parfum « Downtown Abbey », avis aux amateurs.

Voici donc mes premières lectures estivales, à très vite pour de nouveaux partages.

Un roman graphique qui nous concerne

Le syndrome de l’imposteur de Celine Bracq – Fanny Brian- Eric Giacometti

Editions Marabulles

Le syndrome de l’imposteur -que l’on devrait nommer le « phénomène de l’imposteur »- est connoté à tort « féminin ». Quand on parle de syndrome il y a quelque chose de l’ordre de la maladie, de la fragilité d’où cette idée féminine. Alors que si l’on parle de phénomène, on met en lumière des habitudes psychiques sociétales.

Avec ce syndrome on ne regardent pas le travail réalisé, les actions réussies, les victoires gagnées, mais on les minimise. C’est en faisant ce constat que les auteurs ont souhaité raconter ce syndrome sous forme de BD.

L’enquête pointue qu’ils ont fait pour décortiquer les rouages de cette dévalorisation intime, la lectrice que je suis a découvert combien nous étions nombreux-ses dans ce dispositif mental.

Avec cette analyse détaillée, j’ai mieux compris le regard que j’ai sur mes « réussites » et j’ai complètement adhéré au propos de cet ouvrage.

Ce roman rappelle que l’autosabotage n’est pas une solution, bien qu’elle soit fréquemment utilisée. Il décortique les mécanismes de nos éducations familiales et sociales.

Il est bon de rappeler que les discours que nous avons sur nos résultats positifs sont trop souvent faussés et que des personnalités -hommes comme femmes- ont vécu ce syndrome et l’ont apprivoisé.

Merci beaucoup à Babelio (https://www.babelio.com/livres/Giacometti-Le-Syndrome-de-limposteure/1960459) et aux éditions Marabulles (https://www.marabout.com/marabulles/) pour cette lecture précieuse.

Je vais la proposer évidemment à ma médiathèque et surtout l’offrir à quelques femmes et hommes qui en ont bien besoin.

Ps : Ce n’est pas pour rien que j’en parle dans mots et yoga, mais c’est bien parce que le yoga est aussi un élément de maitrise de ce syndrome.

Quelques idées lectures – février 2026

Blaise Cendrars

Le démon du voyage

Benoît Heimermann – 16/10/2025 – Editions Paulsen

Une biographie illustrée de Blaise Cendrars, chantre de la modernité.

Il a révolutionné la poésie à bord du Transsibérien, au plus loin des conformismes et au plus près des émotions. Perdu un bras armé à la guerre et gagné une liberté immodérée en échange. Déménagé vingt fois. Souvent mangé des pierres et toujours manqué de reconnaissance. Admiré l’impériale Saint-Pétersbourg et désespéré la populeuse New York. Rêvé d’expéditions en Russie et imaginé des Eldorados au Brésil. Bourlingué et voyagé plus souvent qu’à son tour. Accompagné les Delaunay et Chagall, influencé Léger et Modigliani, inspiré Miller et Dos Passos. Il a apprécié la compagnie des femmes. Celle, éphémère, de Tarsila do Amaral, la peintre, et celle, définitive, de Raymone Duchâteau, l’actrice. Il découvre le cinéma grâce à Abel Gance et l’architecture en compagnie du Corbusier. Il a fréquenté les paquebots et fantasmé les avions. Accompagné un tueur en série autour du monde et embarqué avec un milliardaire illuminé jusqu’aux confins polaires. Son œuvre littéraire n’est pas seulement foisonnante, elle est innovante. Du roman d’aventure aux confessions intimes, il a tout osé, tout essayé.

Blaise Cendrars tenait la remise en cause des acquis pour une nécessité, la curiosité pour une vertu cardinale et la joie de créer pour une raison d’exister.

Mon avis :

Reçu par le biais de Masse Critique (https://www.babelio.com/livres/Heimermann-Blaise-Cendrars) (et encore mille mercis) ce magnifique « beau livre » des éditions Paulsen et écrit par Benoit Heimermann est une oeuvre tout à fait accessible à tous sur l’étonnant Blaise Cendrars.

Dès l’introduction, sous forme d’épitaphe, le ton est donné sur ce personnage atypique :

« Au soir de sa vie, le temps s’accélérant, les commis en écriture, à leur tour, se bousculèrent à son domicile, pressés de recueillir in extremis les confidences de la pythie des espaces infinis. »

Ainsi est vu Blaise Cendrars -nom inventé par lui même- personnage qualifié de « fontaine de vies, un écrivain de légendes », tout cela au pluriel de ses expériences et des écrits.

Voyageant toute sa vie de l’est (la russie quand elle n’es pas encore l’URSS) à l’ouest (New York notamment qui lui inspirera un de ses plus beau texte) il affinera sa prose, et après la guerre qui lui ôtera un bras, sa personnalité.

De rupture familiale en rupture sociale (et aussi amicales) il se construira dans une époque incroyable de modernité en marche (notamment l’exposition universelle à Paris).

Vous citer toutes ses expériences serait bien trop long, et inutiles.

Car cet ouvrage raconte, avec force de sources illustrées ou écrites, l’évolution d’un immense poète moderne et loin des conformismes du début du XXème siècle. Proche d’artistes peintres, aimé des femmes, rencontrant des personnalités parfois troublantes, toujours étonnantes, ce voyageur infatigable s’est nourri de mille vies et ses créations en sont le reflet.

Bref, en lisant cet ouvrage intense vous serez immergé dans un voyage immobile étonnant. En tout cas c’est ce qui m’est arrivé. Bonne lecture

Nouvelles automnales 2025

Les prochains ateliers d’écritures se tiendront :

Atelier Nocturne : le vendredi 14 novembre de 19h00 à 20h30

Atelier d’écriture long : le samedi 29 novembre de 14h00 à 17h00 

Surtout n’oubliez pas de réserver votre place pour l’atelier de façon à ce que je vous reçoive dans le plus grand confort d’écriture.

Les ateliers sont validés à partir de 2 personnes qui ont confirmé avec un maximum 8 personnes.

Pour les personnes qui s’inscriraient à l’atelier du 29 novembre, je vous invite fortement à lire Le Réseau Corneille de Ken Follett. Il me reste encore un exemplaire papier pour cell.eux qui le souhaiteraient.

Car c’est autour de ce roman que je clorais le cycle des ateliers d’écritures sur l’espionnage. « Ce roman d’espionnage se déroule dans la France de 1944, à quelques jours du Débarquement de Normandie. Il décrit les difficultés rencontrées par Betty, officier de l’armée britannique experte en sabotage, pour réunir une équipe exclusivement féminine qui aura pour but de déstabiliser le réseau de communications allemand en France. » 

Quelle belle introduction pour cette autre information.

Un atelier d’écriture gratuit de 2 heures et sur inscription (8 personnes maximum) se tiendra le 22 novembre à 10h00 à la maison des femmes Dulcie September de Mitry-Mory (tout près de la gare de Villeparisis – Mitry-le-neuf).

Le thème est en lien avec la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Encore un sujet vibrant et inspirant sur le « NON »

N’hésitez pas à vous inscrire et à en parler autour de vous.

Quand au planning des ateliers 2026, je peux vous dire que d’ores et déjà, un grand nombre d’ateliers auront lieu au premier semestre et que je vous réserve une surprise « surprenante » !!

Pour rappel et toujours en lien avec l’écriture, je propose des retrouvailles au Théatre Louis Aragon de Tremblay en France autour de 2  spectacles :

– Martin Eden – d’après Jack London, mise en scène par Mélodie-Amy Wallet – le samedi 31 janvier 2026 19:00 https://www.theatrelouisaragon.fr/805-1584/la-programmation/saison-2025-2026-les-spectacles/fiche/martin-eden-d-apres-jack-london-mise-en-scene-par-melodie-amy-wallet.htm

– Pistes… – Penda Diouf – Le vendredi 6 février 2026 20:30

https://www.theatrelouisaragon.fr/805-1585/la-programmation/saison-2025-2026-les-spectacles/fiche/pistes-penda-diouf.htm

Merci de m’indiquer si d’ores et déjà vous seriez intéressés par ces spectacles pour que l’association Mots et Yoga puisse réserver des places.

Scripturalement vôtre et à bientôt

Drôle de Singes – Jean-François Guggenheim

Editions Marie Romaine – 19,90€

https://www.editionsmarieromaine.fr/product-page/drôles-des-singes-jean-françois-guggenheim

DRÔLES DES SINGES de Jean-François Guggenheim

Résumé

A-t-on jamais vu un espion aussi maladroit ? Jean, un ancien de la Légion, reconverti dans les services spéciaux, est chargé d’enquêter sur son ami d’enfance, du côté de Fontainebleau. Mais rapidement la simple mission dégénère en une épopée déjantée autour du monde. Son camarade se fait descendre, son amoureuse est kidnappée et de Téhéran à San Diego, du Kerala à Budapest, de Cuba au Mexique, défile une galerie de portraits hauts en couleurs. Poutine et Grace Jones, Dany DeVito, Benicio del Toro et l’ombre de Castro, Donald Trump, Kim Kardashian et Marine Le Pen… allez savoir… Un polar loufoque sur fond de géopolitique qui rebondit à chaque page.

Mon avis

Quand j’ai ouvert ce roman, je m’attendais à une histoire d’espionnage humoristique et aventureuse. Mais pas vraiment.

De fait, Jean espionne Paul et tombe amoureux de Marie… avec une réalité plus complexe.

C’est l’histoire de 3 gamins devenus adultes et qui retrouvent leur amitié d’antan. Pour rendre crédible ce retour dans l’environnement de leur jeunesse, Jean explique qu’il fait une enquête sur une jeune prostituée assassinée dans le bois près de chez eux. Sa couverture de journaliste est réelle et cette explication sera lourde de conséquences tout au long de ce roman trépidant.

Pourtant, Jean, ancien légionnaire, espionne pour le compte de « Monsieur », un personnage occulte de la République Française qui a Paul dans son viseur. Jean va donc jouer double jeu. Il revient habiter dans la maison de sa grand-mère et se remémore son enfance en compagnie de Paul et Marie.

Ce roman est écrit comme un scénario de film de James Bond, le charisme du héros moins flamboyant (il tombe beaucoup), mais à l’action explosive au moment ou on ne s’y attend pas.

J’ai beaucoup apprécié le rythme de l’intrigue, les personnages, parfois énigmatiques parfois un peu « cliché », mais surtout des tournures de phrases qui m’ont rappelé le style « Audiard » par sa gouaille.

L’auteur situe l’action de son roman dans l’époque actuelle, tout le monde « en prend plein son grade » et ça fonctionne.

L’histoire devient si crédible que je me suis demandée si tout cela n’aurait pas un parfum de vérité… Mais non !!

Vous l’aurez compris c’est un moment de lecture très agréable que je recommande vivement. Merci à Babelio (http://(https://www.babelio.com) et sa Masse Critique Mauvais genre pour cette sympathique découverte.