Les lectures d’été – semaine 2

Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une employée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d’un adolescent qu’elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d’octobre , Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.


Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui.
Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d’avoir tué le bébé d’un couple raciste, elle se dit qu’elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d’avance ?

Mille petits riens – Jodi Picoult – 416 pages
07/03/2018
Actes Sud / Babel

En écrivant sur le thème du racisme et des privilèges blancs, Jodi Picoult s’attaque dans ce roman aux situations banales du quotidien jusqu’à ce que cela dérape.

Elle a mis des années à construire cette histoire et parce que ses recherches lui ont fourni de la matière, elle a pu rédiger une histoire forte qui nous fait réfléchir sur qui nous sommes quand nous disons  «  je ne suis pas raciste … »

Dans ce roman, elle apporte les points de vus des 3 personnages et intégre par cette lecture les injustices faites aux noirs américains et les idées orientées des suprémacistes.

Ainsi le racisme extrême aisément reconnaissable des descendants du KKK, tout comme celui plus subtil qui biaise les comportements parfois les mieux intentionnés, nourri un racisme sociétal malgré des lois qui se veulent bienveillantes

Souvent perturbante, cette lecture devient vite addictive et le suspense est réel. Les personnages sont crédibles et vibrants d’humanité. La violence des actions franchement dérangeantes et les personnages secondaires mettent en valeur les héros de cette histoire.

Même si le final de ce roman est un peu gentillet, il reste que tous ces « mille petits riens » révélés ici pourront peut-être faire bouger les lignes.
Un coup de coeur à offrir.

https://www.babelio.com/livres/Picoult-Mille-petits-riens/1020830

Au corps de l’Inde – Simon – 288 pages
20/09/2019
Akinomé / RECITS DE VOYAGE

On ne peut passer sa vie à faire semblant de voyager. Un jour ou l’autre, il faut s’y mettre. Mon sac à dos a fait l’Angleterre, l’Italie, le Portugal, la Pologne, l’Algérie… Quand je débarquais en Inde, je compris que ces virées-là n’avait été que des petites mises en forme, des bacs blancs du voyage.

Voyager en Inde est une aventure exaltante, perturbante, électrisante et surtout qui modifie en profondeur la vision du monde tellement ce sous-continent est vaste et fascinant.
L’auteur part en Inde avec ses carnets de croquis, ses crayons et ses encres. Il rencontrera des lieux et des gens qu’il mettra sur le papier avec élégance et véracité.
Ce récit est un des plus beau que j’ai pu lire récemment sur l’Inde. J’y ai retrouvé les joies et les agacements du voyage dans ce pays merveilleux, et surtout, j’ai suivi l’auteur tout le temps de cette lecture. Un superbe ouvrage.

https://www.babelio.com/livres/Simon-Au-Corps-de-lInde/1914309

Les Chroniques de l’Erable et du Cerisier, tome 1 : Le masque de No
Camille Monceaux – 560 pages
04/06/2026 – Gallimard

Enfant abandonné, Ichirô est élévé comme un fils par un mystérieux samouraï qui lui enseigne la voie du sabre. Vivant reclus dans les montagnes, au cœur d’une nature sauvage, il grandit au rythme des saisons, entre une insouciance bienheureuse et un apprentissage qui exige persévérance et courage.
Mais par une nuit terrible, Ichirô voit sa vie basculer. Il doit tourner le dos à son enfance pour affronter le monde et son destin.
Héros sublimes, amitiés et trahisons, passion et vengeance…
Le Masque de nô est le début d’une épopée éblouissante dans le Japon du XVIIe siècle et la révélation du talent de Camille Monceaux.

Ce livre-objet dont la belle couverture gaufrée, aux tranches illustrées d’un motif oriental, donne immédiatement envie de l’ouvrir et de se plonger dans ce Japon Médiéval.


Le début de ce roman nous montre un jeune orphelin, Ishiro, élevé par un ancien samouraï et sa servante dans une forêt, isolés du reste du monde. Ishiro suivra la Voie du Sabre enseignée par son Senseï. Seule indication sur la naissance d’Ishiro, sa médaille trouvée sur lui qui indique son appartenance à une famille, mais laquelle ? Pourquoi un tel isolement voulu par le Samouraï ? C’est une des questions qui se révéleront à la fin de la première partie de ce roman.


Alors qu’Ishiro quitte la forêt, on découvre avec lui le Japon médiéval ainsi que la vie à Edo. Il affrontera le froid, la faim, la violence pour ensuite se glisser dans un confort tout relatif d’une famille et d’un emploi qui le mènera vers le monde du théâtre NO et du Kabuki.
Camille Monceaux nous montre dans ce roman sa passion pour cette civilisation. Beaucoup de passages sont émouvants. Les personnages secondaires sont également très attachants notamment Shin et Hiinahime.
On apprend beaucoup dans ce roman sur les rites et rythmes de vie des samouraï, des courtisanes, sur le théâtre nô et le kabuki, les castes réservés aux grands seigneurs, le mouvement antichrétien et la lutte politique entre le Shogun et l’héritier dont le pouvoir a été usurpé.
Ce livre m’a donné envie d’en savoir plus sur cette période et l’histoire d’Ishiro.

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Les lectures d’été – Semaine 1 – juillet 2026

Parmi la vingtaine de livres emportés pour passer les deux mois d’été en Mayenne, il y a un certain nombre de pépites.

Pour commencer, il y dans la série Poulet Grillés de Sophie Hénaff, son dernier opus « Drame de Pique« , parfait pour commencer l’été. On retrouve la fine équipe après la crise du Covid 19. En voici le résumé :

Juin 2022.
Le phénomène dit des « piqûres en soirée » prend de l’ampleur sur le territoire. Alors que l’ensemble des polices s’active sur l’affaire, l’hétéroclite brigade des « Poulets grillés » poursuit ses parties de cartes dans son appartement-commissariat des Halles. Jusqu’à ce que deux femmes meurent soudainement près de l’Opéra. La brigade criminelle lie immédiatement les homicides à la piste des piqûres, mais les Poulets, eux, pensent qu’un ancien serial killer, nommé La Main de Dieu, utilise la psychose à ses fins. Il vient justement de sortir de prison…
La commissaire Anne Capestan et ses poulets sont mis au premier plan de l’affaire, mais s’ils parviennent à la résoudre ils devront quitter leur cocon des Halles et intégrer le Bastion, le nouveau siège de la PJ, dans le quartier des Batignolles. Ce qui leur pose un grand dilemme : arrêter un meurtrier ou poursuivre leur paisible retraite…?

Encore une fois, Sophie Henaff, nous régale de l’inventivité naive et efficace de ces « poulets » hors normes. Si vous n’avez jamais lu la série des « poulets grillés », n’hésitez pas. Un coup de blues, une période difficile et en les lisant, vous vous rendrez compte que 1) ils sont marrants, 2) il y a des situations toujours pires que la notre.

Parmi mes « pépites », il y a eu ce cadeau litteraire.

Colette – Le seconde métier de l’écrivain – Editions l’Herne

Avec ce recueil de réclames écrites par Madame Colette, les éditions l’Herne nous proposent une facette moins connue de l’écrivaine. Sollicitée par des grandes maisons de couture, parfum, des grands crus de vins ou plus prosaïquement de cigarettes, Colette a prêtée sa plume et son talent à de nombreux catalogues en compagnie de noms célèbres.
Avec sa plume songeuse, riche de souvenirs ou acérée, Colette sait vanter l’art de vivre à la française. Ce livre est une pépite rare de textes oubliés que l’on aurait pu trouver à la librairie Clavreuil à Paris. Dommage cette dernière a fermé en 2014 nous dit-on…
Alors un grand merci Babelio et l’opération Masse critique qui m’a permis de découvrir cet ouvrage.

J’ai la grande chance de pouvoir lire en voiture.

Et pour les grands trajets j’ai pu commencer la Saga des Cazalet de Elizabeth Jane Howard par le Tome 1 – Etés anglais.

Les tribulations de cette famille sont particulièrement addictives et me plongent avec délice dans la période d’entre deux guerre quand tout le monde pensait qu’il n’y aurait plus jamais de drames et que seuls troubleraient des contrariétés somme toute acceptable (ou pas).

A travers plusieurs personnages, nous pénétrons les pensées de ces 3 générations ou sous des dehors légers et bucoliques, voire lascifs, l’on voit apparaître des thèmes qui agiteront les jours à venir comme la condition précaire féminine, l’angoisse de la guerre, les secrets familiaux…

On a dans ce roman une belle atmosphère « so British » écrite avec force de description par Elisabeth Jane Howard. Ici on partage la vie d’une famille aisée et de ses domestiques. Oui, il y a bien un parfum « Downtown Abbey », avis aux amateurs.

Voici donc mes premières lectures estivales, à très vite pour de nouveaux partages.

Quelques idées lecture – mars 2026

07/07/2023 – Editions au Carré

Dans la Villa Rivoli, perchée sur un promontoire rocheux le long de la côte de l’île San Pietro, en Sardaigne, habite Anna, un’artista au tempérament sauvage et solitaire. Très affectée par la mort de son père, elle se remet aussi difficilement de sa première peine d’amour.

L’arrivée inopinée de la pétillante et rousse Dominique, une Québécoise récemment retraitée, vient bouleverser les habitudes de la sculpteure, qui ne vit que pour son art.

Dans ce paysage ciselé par le soleil, les vagues et le vent du large, il y a aussi Georges, un immigrant originaire d’Afrique en quête d’une vie meilleure, et son jeune fils Bastien, un passionné de foot qui cherche à s’enraciner dans son nouveau pays d’adoption.

Malgré l’accueil réservé d’Anna, les deux femmes parviennent peu à peu à s’apprivoiser et à dévoiler chacune les ombres de leur passé. Leur amitié complice viendra insuffler un élan de joie à l’intérieur de la Villa et redonnera du sens à leur existence..

Mon avis :

Tout d’abord, merci à Babelio (https://www.babelio.com/livres/Sironi-Les-Femmes-de-bois) pour cette délicieuse découverte.

Anna, propriétaire de la Villa Rivoli, accueille à contrecoeur Dominique Canadienne récemment retraitée.

Anna est une sculptrice, en deuil de son père, d’une relation amoureuse et bientôt de sa dernière et superbe oeuvre.

Dominique, fuit son domicile et son mari pour faire une pause dans cette vie ou elle ne se reconnaît plus.

Malgré la rencontre initiale un peu épineuse entre ces deux femmes, l’alchimie de l’amitié va se mettre en place. En seront témoins, George et son fils Bastien, deux immigrés sénégalais habitués de la Villa Rivoli et le Père Mattéo amis de longue date d’Anna.

Avec ce langage descriptif exceptionnel, l’autrice nous partage la beauté de l’ile, ses paysages paradisiaques, sa météo flamboyante. Avec ses phrases poétique, elle nous promène autour de la Villa, dans le village et sur le port. Ses personnages vivants et sensibles jusqu’à l’écorchure nous attachent encore plus à cette histoire d’amour et d’amitié.

Quand à l’intrigue, elle se dévoile doucement dans un effeuillage au gré des vagues des évènements qui se déroulent tout au long du roman.

Ensoleillé et estival, ce roman est parfaitement adapté aux journées froides et pluvieuses d’hiver.

Un roman graphique qui nous concerne

Le syndrome de l’imposteur de Celine Bracq – Fanny Brian- Eric Giacometti

Editions Marabulles

Le syndrome de l’imposteur -que l’on devrait nommer le « phénomène de l’imposteur »- est connoté à tort « féminin ». Quand on parle de syndrome il y a quelque chose de l’ordre de la maladie, de la fragilité d’où cette idée féminine. Alors que si l’on parle de phénomène, on met en lumière des habitudes psychiques sociétales.

Avec ce syndrome on ne regardent pas le travail réalisé, les actions réussies, les victoires gagnées, mais on les minimise. C’est en faisant ce constat que les auteurs ont souhaité raconter ce syndrome sous forme de BD.

L’enquête pointue qu’ils ont fait pour décortiquer les rouages de cette dévalorisation intime, la lectrice que je suis a découvert combien nous étions nombreux-ses dans ce dispositif mental.

Avec cette analyse détaillée, j’ai mieux compris le regard que j’ai sur mes « réussites » et j’ai complètement adhéré au propos de cet ouvrage.

Ce roman rappelle que l’autosabotage n’est pas une solution, bien qu’elle soit fréquemment utilisée. Il décortique les mécanismes de nos éducations familiales et sociales.

Il est bon de rappeler que les discours que nous avons sur nos résultats positifs sont trop souvent faussés et que des personnalités -hommes comme femmes- ont vécu ce syndrome et l’ont apprivoisé.

Merci beaucoup à Babelio (https://www.babelio.com/livres/Giacometti-Le-Syndrome-de-limposteure/1960459) et aux éditions Marabulles (https://www.marabout.com/marabulles/) pour cette lecture précieuse.

Je vais la proposer évidemment à ma médiathèque et surtout l’offrir à quelques femmes et hommes qui en ont bien besoin.

Ps : Ce n’est pas pour rien que j’en parle dans mots et yoga, mais c’est bien parce que le yoga est aussi un élément de maitrise de ce syndrome.

Quelques idées lectures – janvier 2026

Douce France – Karine Tuil

160 pages -14/03/2008 – Le Livre de Poche / Littérature

« Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière. Il me semblait qu’à tout moment quelqu’un pouvait surgir chez moi en hurlant : Police ! Contrôle d’identité ! Et me contraindre à le suivre. C’était absurde, personne n’avait songé à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était vierge et je n’envisageais aucune action terroriste ».

La narratrice, un écrivain français de trente ans, est arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins lors d’un contrôle d’identité sauvage. Mi-fascinée, mi-voyeuse, elle décide de se faire passer pour une immigrée roumaine et devient malgré elle victime de la machinerie bureaucratique. Placée dans un centre de rétention administrative de la région parisienne, elle découvre ces immigrés séquestrés qui tournoient dans l’attente hébétée d’une décision du juge : libération ou renvoi au pays, la tour de Babel des langues et des codes, le racisme entre noirs et arabes, la course à l’identité, n’importe laquelle, pourvu qu’on vous laisse en paix. Là-bas, elle va connaître des sentiments contradictoires, entre amour et crainte, pour un clandestin séducteur et manipulateur… Mais ces exilés la ramènent à son propre statut : fille de juifs d’Afrique du Nord, née en France, elle s’est toujours sentie en situation irrégulière.

Sur ce sujet ô combien d’actualité ! Karine Tuil pose les bonnes questions : pourquoi cherchons-nous à être aimés quand il suffirait qu’on nous tolère ? Quel prix à payer pour avoir la certitude d’être français ? Sommes-nous tous des immigrés ? L’auteur, qui a eu exceptionnellement accès au centre de Roissy, a écrit ici un roman coup de poing, à mi-chemin entre le pamphlet et la lettre d’amour aux siens. Un livre où Karine Tuil s’obsède à traquer l’assimilation impossible à la Douce France.

Mon avis : Sur un malentendu et une sideration, une jeune femme est arrêtée lors d’une raffle envers les immigrés clandestins. Son regard d’écrivain la fait basculer dans le mensonge et elle se fait passer pour roumaine. Elle va alors vivre ce que subissent les « clandestins » qui sont retenus dans les centres.

Ce roman est palpitant et terriblement réaliste. Cette femme se trouve engluée dans ce mensonge et perd pied face à la machine bureaucratique. Ce roman est dérangeant car la France, pays des droits de l’homme est,ici, regardée avec amertume et lucidité.

Ce roman court est à lire pour comprendre cette situation difficile et inhumaine des « retenus » immigrés clandestins.